La Conférence de Paris sur le climat (COP21), qui a rassemblé près de 200 pays pendant quinze jours dans la capitale française, vient de s'achever. Nombre d'observateurs parlent de l'adoption d'un accord historique. Mais, en réalité, les points de vue les plus divergents s’expriment et les défis à relever, qui engagent notre responsabilité, restent nombreux. L'événement a été exceptionnel, mais le succès durement conquis. Alors, qu’en penser ou plutôt qu’en faire ?

Un événement exceptionnel

Il faut d’abord souligner l’immense travail, à proprement parler politique, réalisé par l’administration française et en particulier sa diplomatie. S’agissant d’un enjeu planétaire, il fallait faire venir autour de la table tous les pays. Tous sont venus, et presque tous – à l’exception de ceux qui étaient dans l’incapacité de le faire (soit 187 sur 195) – ont remis leur copie avant d’arriver à Paris. En outre, malgré les attentats islamistes qui ont amené – à peine quelques jours avant – à douter de la faisabilité d’un tel rassemblement à Paris pour des raisons de sécurité, la réunion a pu se tenir, et quelle réunion !

Pendant quinze jours, du 30 novembre au 12 décembre, plus de 200 délégations nationales et internationales, 46 000 personnes, 6 000 journalistes… Des représentants de la société civile du monde entier, des peuples autochtones aux scientifiques, des entreprises aux syndicats, des élus des grandes villes aux délégations paysannes, une « coalition climat » française réunissant depuis des mois toutes les parties, depuis la FPF et les Éclaireurs Unionistes jusqu’à ATTAC… et ce sur de nombreux espaces. Avec au centre, le Bourget : la « zone bleue » super-sécurisée, pour « accrédités » seulement, et juste à côté « l’Espace génération climat » avec plusieurs sous-espaces, ONGs, entreprises, collectivités locales, organisations internationales, ouvert tous les jours de 10h-19h ; la ZAC au nord de Paris, lieu de programmation collective où 200 actions étaient présentées par divers mouvements internationaux au cours de la seconde semaine, le Grand Palais avec expositions et conférences des organisations scientifiques et des entreprises ; Montreuil, autre espace militant avec 300 actions au programme, sans compter les marches et nombreuses initiatives de rues organisées avec beaucoup d’intelligence et d’humour malgré les restrictions imposées par l’état d’urgence. La liste n’est pas exhaustive et avec autant motivations diverses, de lieux de rencontre et de débats, et malgré les nombreuses découvertes faites par tous les participants, il faut bien dire que « chacun a fait sa COP ».

Flash back sur l’UNFCCC

La convention internationale sur le changement climatique (UNFCCC) a été décidée en 1992 au « Sommet de le Terre » à Rio. Alertés par le premier rapport du GEIC (ou IPCC) – un travail scientifique remarquable, première du genre -, une synthèse des connaissances acquises sur le climat soulignant les risques induits par l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. La première « conférence des parties », à Berlin en 1995, a enclenché un cycle de réunions annuelles, avec une première étape remarquable, à Kyoto en 1997, aboutissant à la signature d’un protocole par lequel les principaux pays « du nord » émetteurs (à l’exception des Etats-Unis et de la Russie) s’engageaient à réduire leurs émissions pour permettre aux pays du sud de poursuivre leur croissance. Cette mécanique était à bout de souffle, d’une part du fait que seule l’Europe en définitive était engagée, et d’autre part du fait que les pays émergents prenaient une part significative des émissions. En particulier la Chine en arrivait à dépasser les Etats-Unis. Mais à Copenhague, malgré les efforts du Danemark, la COP s’était soldée par un échec retentissant, les travaux se sont poursuivis, jusqu’à cette rencontre de Paris, qui s’est basée sur un enjeu simple : arriver à rassembler la totalité des pays. On est donc reparti sur une démarche inverse des précédentes. Plutôt que de chercher à répartir « par le haut » des quotas d’émissions par pays, il a été demandé à chaque pays d’énoncer sa contribution nationale.

Un succès durement conquis

Moyennant quelques « coups de pouces », 188 pays sur 195 ont remis leur copie. Et chose extraordinaire, tous les pays sont d’accord sur le diagnostic et la nécessité de changer, tant pour ce qui concerne la réduction des émissions que pour les mesures à prendre en matière d’adaptation… avec de gros écarts bien sûr. Il fallait entendre, dans les immenses salles « Seine » et « Loire » des plénières, les ministres concernés de tous les Etats présenter successivement leurs constats sur la réalité des changements climatiques en cours, énoncer leurs points de vues sur les mesures à prendre, y compris les politiques mises en œuvre chez eux et les moyens nécessaires pour les améliorer ! Il fallait écouter avec beaucoup d’attention pour percevoir d’éventuels contrastes entre les discours…

Pour les pays du sud, avec des nuances selon les conditions géographiques et économiques, le conditionnement des efforts à des soutiens financiers et technologiques était constamment rappelé. En plus, les plus impactés (pays du Sahel, Etats insulaires…) demandaient un paiement dès à présent – par les pays développés du nord responsables – des « pertes et dommages » déjà subis et un plafonnement des émissions à +1°5, considérant que dès à présent le changement climatique fait des ravages. Un objectif considéré comme d’ores et déjà irréaliste par de nombreux scientifiques du fait que depuis la signature de la convention climat, la croissance des émissions mondiale n’a pas été infléchie, bien au contraire. Bien entendu, à l’inverse, les pays pétroliers ou charbonniers ne veulent entendre parler ni de plafonnement des émissions, ni de taxes sur les énergies fossiles. Les Etats-Unis se sont battus pour éviter tout engagement contraignant (du fait de l’opposition du Sénat à majorité républicaine), ainsi que sur le paiement des pertes et dommages, et même sur tout objectif quantifié des aides à allouer par les pays du nord pour financer les efforts à faire au sud. Faisant allusion à ces oppositions puissantes, parmi les pancartes de manifestants venus à Paris du monde entier, on pouvait lire : « Dinosaurs didn’t believe in climate change either » (« Les dinosaures ne croyaient pas non plus au changement climatique »). La différence était que les dinosaures n’avaient ni la connaissance ni la responsabilité des changements. Les humains apparaissent comme la première espèce capable de programmer sa propre disparition, ce que déjà Théodore Monod dénonçait au sujet de l’armement nucléaire.

Il est avéré que les négociateurs américains, jusque dans la nuit de vendredi à samedi (alors que la France souhaitait un bouclage de l’accord le vendredi après-midi), ont été jusqu’à convaincre la délégation de l’Union européenne de renoncer à l’objectif chiffré de 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2020. C’est la somme des investissements énoncés dans les contributions nationales des pays du sud – aide publique, prêts bancaires et fonds privés – nécessaires pour financer leur adaptation et leur transition énergétique. Ces montants devant bien entendu s’entendre hors APD (aide publique au développement), ce qui est loin d’être acquis même pour les pays les plus engagés. François Hollande a annoncé au Bourget des contributions impressionnantes au « fonds climat » pour la France, quand en même temps les arbitrages budgétaires montraient que l’APD française fondait au soleil. Samedi matin, malgré ces oppositions, et généralement un contexte peu favorabl1, Fabius a tenu bon et expliqué que l’intégrale des pays n’était pas la somme de ce que chacun veut. Et dans un bel enthousiasme, tous les pays ont donné leur accord. Le texte repose sur un objectif de réchauffement limité à 2°C voire même à 1,5°C. La France a montré sa capacité à faire l’histoire. Elle n’a pas cédé aux pressions américaines et a su trouver un consensus. C’est un point essentiel, qui n’avait en définitive jamais été atteint malgré plus de vingt ans de prises de consciences et de négociations. Le protocole de Kyoto était à bout de souffle, n’impliquait plus en définitive que l’Europe, et s’avérait totalement inadapté.

« Ce n’est qu’un début ! »

Mieux vaut reprendre ce vieux slogan des manifestants de 1968 que de sombrer dans la critique de l’accord de Paris. Il a tant de défauts, de non-dits et d’insuffisances qu’il est facile de dénoncer l’incurie des gouvernants, le poids des lobbys et du capitalisme international non régulé. Ce type de critiques véhiculées par les plus radicaux ne sont pas sans fondements mais risquent, par leurs effets, de faire grossir les rangs de ceux qui, ne voyant pas d’issue, rejoignent paradoxalement le rang ceux qui se laissent influencer par les arguments des climatosceptiques. Et c’est bien vrai que l’accord de Paris ne dit rien de la limitation nécessaire des exploitations d’énergies fossiles, n’énonce rien en matière de maîtrise de l’énergie ou de développement des énergies renouvelables, ne prévoit pas de statut juridique pour les réfugiés climatiques, ni même d’engagement financier pour les pertes et dommages déjà subis par les pays les plus affectés. Rien non plus en matière de taxe sur les transactions financières ou les paradis fiscaux, ou sur une fiscalité carbone. Surtout, l’accord n’est pas juridiquement contraignant. Rien, aucune mesure n’est prévue à l’encontre de ceux qui ne respecteraient pas leurs engagements pourtant déjà insuffisants !

Par contre, la grande force de cet accord est qu’il est politiquement contraignant. Chacun des Etats est engagé sur des objectifs chiffrés, avec des moyens pour les atteindre, et la nécessité de présenter des bilans vérifiés. Reconnaissant l’insuffisance des engagements actuels, et la nécessité de parvenir aux objectifs reconnus par tous, il a été décidé de procéder à une révision tous les cinq ans. En effet, en faisant la somme des engagements des Etats on est à mi-chemin seulement : si l’on parvient à plafonner les émissions à 3°C (au lieu de 4,5°C selon les tendances actuelles du « business as usual »), on est encore loin de se donner les moyens d’atteindre les 2°C … et encore moins les 1,5°C souhaités par de nombreux pays du sud et repris dans l’accord. Compte tenu du fait que « le compte n’y est pas » chacun est placé devant son escalier, avec obligation de le monter et de ne plus jamais le descendre, en augmentant progressivement – tous les cinq ans – ses ambitions.

Les Nations unies pour réformer d’urgence

C’est la première fois que tous les pays de la planète se donnent des objectifs communs. Mais c’est une dynamique évidemment fragile. Les organisations des Nations unies ne sont manifestement pas adaptées pour traiter ce type de problème. Elles sont dans l’incapacité d’imposer des obligations aux Etats qui restent souverains ! On retrouve au niveau global celui de la construction européenne. La seule dimension sérieusement prise en compte est celle du marché. L’OMC peut assigner des obligations à ses membres, mais ce n’est pas une organisation des Nations unies. Et les organisations des Nations unies sont elles-mêmes suffisamment fragmentées pour correctement affronter des problèmes à caractère global. Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’Agence internationale de l’énergie (AIE) sont par exemple les plus concernés. Mais le changement climatique concerne aussi les organisations internationales comme la FAO, le PAM, l’UNDRO ou l’UNICEF et plus encore les grandes conventions comme l’UNFCCC, ou la convention biodiversité, ou encore les ODD (objectifs du développement durable), avec l’implication diplomatique de tous les Etats dans chacune d’elles. Ces structures ont été progressivement instituées depuis l’après-guerre pour régler les conflits entre Etats, mais montrent leurs limites quand il d’agit d’affronter un ennemi commun. En particulier quand il s’agit en grande partie d’un « ennemi intérieur ».

On retrouve en définitive au niveau international la difficulté que nous devons affronter au niveau individuel, familial ou de nos petites communautés. Si nous devons en effet impérativement réformer les organisations internationales – et sans doute d’abord l’Europe elle-même – pour les placer à la hauteur des enjeux (ce qui suppose d’accepter des « transferts de souveraineté »), nous sommes ramenés aussi à nous retourner vers nous-même comme nous avons déjà eu l’occasion de le faire sur ces sujets.

Par gratitude, notre responsabilité : sobriété et partage

Mobilisés par la gratitude pour tout ce que nous avons reçus en abondance, en particulier la connaissance et l’intelligence, nous sommes particulièrement concernés par les enjeux de justice et de gestion équitable de notre planète dont la « lieutenance » nous est confiée. La responsabilité est entre nos mains et il nous revient de l’exercer sans défaillance et avec détermination au plan individuel, familial et communautaire, comme à travers notre vie professionnelle, associative et politique. En effet, si les Etats et les organisations internationales sont concernés, les actions concrètes relèvent des acteurs locaux : associations, entreprises, syndicats, collectivités Locales, scientifiques, enseignants, communicants, sans oublier bien sûr nos Eglises et mouvements… La mise en œuvre de la transition se joue à ce niveau. Or on rencontre une difficulté spécifique à la France pour travailler de cette manière en collectif dans les différents « étages » de la société. C’est aussi un enjeu que les protestants doivent contribuer à résoudre, comme nous l’avons déjà souligné, car en la matière, le rôle clé dans la mise en œuvre revient à tous les acteurs qui doivent savoir partager, dans leur diversité, des objectifs communs ! Dans l’Espace génération climat et sur bien d’autres lieux, l’association 4D3 et bien d’autres ont démontré que la COP de Paris est la première qui s’adresse à la personne. Nous savons que l’on ne gagnera pas sans implication des personnes. Il faut savoir expliquer à tous les changements que l’on va connaître. Et bien comprendre qu’on ne peut plus raisonner en citoyen isolé : il nous appartient une fois de plus d’être inclusif de toutes les conditions sociales, les collectivités, les entreprises, les associations, les églises… auxquelles nous appartenons ou qui peuvent se mobiliser sur ces enjeux.

En effet, les enjeux sont si lourds que, si l’on y prend garde, il y a – comme pour la lutte contre le terrorisme dont les sources ne sont pas totalement différentes – un risque démocratique. Il ne s’agit pas réunir seulement les Etats, de souhaiter les voir plus forts, plus efficaces, mais il s’agit d’abord de personnes et en définitive d’avancées démocratiques à assurer. Les questions climatiques doivent en définitive être regardées comme une chance. Chance de changer de modèle productiviste, gaspilleur et en fin de compte dévastateur, pour construire de nouvelles perspectives créatrices d’activités, d’innovations, d’emplois et de développement durable. Chance d’aider les pays du sud à passer directement à des options 100% renouvelables sans passer par la case fossiles ou nucléaire. Chance de contribuer à forger une citoyenneté globale. Les récents épisodes électoraux en France ne brillent pas de cette lumière, mais ne doivent pas nous empêcher – bien au contraire – de se mettre en route ! Il n’est pas exclu que cette route soit en définitive une bonne voie pour sortir des impasses. Il est de notre responsabilité de traduire dans la réalité qu’à Paris, en décembre 2015, le futur a bien changé de direction !

Print Friendly
Suivez-nous sur : Facebooktwittergoogle_plusredditmailFacebooktwittergoogle_plusredditmail

2 Réponses à “Accord historique ? A nous de jouer !, par Jacques Varet”

  1. jlpy dit :

    Waouh ! Quelle diatribe ! Je n’ai pas tout compris, mais je suis à peu près d’accord sur le titre. Par contre c’était prévisible, même avant le premier jour de la COP 21. Un accord politiquement contraignant ? Où est le gendarme qui va faire appliquer l’accord ? Avec quels moyens de contrainte ? Donc finalement tout le monde y est allé de son petit geste, en se faisant tirer l’oreille et en se disant qu’on verrait bien plus tard.
    Car la vérité c’est qu’il n’y a pas de solution au réchauffement climatique sans une réduction notable du niveau de vie de la planète. Changer de modèle pour construire de nouvelles perspectives créatrices d’activités, d’innovations, d’emplois et de développement durable, c’est un bien beau discours, une phrase ronflante, mais c’est la suppression d’activités pour en créer d’autres. Mais qui dit économie de moyens (énergie, matières premières,…) dit moins d’activité, donc moins de travail, donc partage d’un plus petit gâteau, peut-être de manière plus équitable (encore que…), peut-être de manière plus évangélique, mais obligeant assurément à une consommation plus sobre et plus contrainte. Les e-technologies, que l’on évoque à tout bout de chemin, n’apporteront pas la solution, elles qui déjà aujourd’hui sont un gouffre énergétique pudiquement délocalisé dans des zones désertes et encore froides de la planète.

  2. Yves Buchsenschutz dit :

    J’ai bien lu ton article, lequel ne m’a pas surpris ou étonné puisque nous avons souvent parlé de ces sujets ensemble sur les quels nous avons quelques divergences mais aussi beaucoup d’avis communs. Je voudrai que tu m’expliques une chose que je ne comprends pas.
    Le problème que nous essayons de résoudre dans COP 21 et tout ce qui l’entoure est celui de la consommation de planète, devenue « de facto » une nouvelle frontière mesurée principalement pour le moment, par l’émission de CO2. Que je sache, la consommation globale de planète, qui est notre souci à tous, peut se décomposer en « consommation de planète moyenne par individu habitant la planète x nombre d’individus qui l’habitent ».
    Concernant la consommation par individu, tu milites avec juste raison, pour une consommation « frugale ». Certes, mais les mêmes personnes qui considèrent non seulement que les populations des pays en voie de développement ont, ce qui pour moi est une évidence, un gros rattrapage à effectuer, crient chaque jour que de plus une large fraction de la population des pays dits développés est dans la même situation. Pudiquement, on pense qu’une plus large redistribution résoudra le problème : je rappelle que la fortune de Madame Bettencourt, top riche du système français, divisée par le nombre de français représente 500 € par personne, une fois, sans compter d’éventuelles revendications des impôts ou d’autres services de l’Etat ! Le problème de la redistribution c’est d’une part qu’elle est largement entamée et surtout qu’il y a peu de « riches » et beaucoup de « pauvres » . On risque fort d’être déçu à l’arrivée. Sans compter qu’il faudra arriver à faire fonctionner des systèmes complètement égalitaires, lesquels n’ont jamais fonctionné en vraie grandeur (cf par exemple les expériences malheureuses de l’ex URSS, de CUBA, de la Chine de Mao, voir même de l’Allemagne de l’Est …. ). Au passage, nous vivons dans des démocraties et pour le moment, il suffit d’observer le comportement des migrants : ils votent massivement avec leur pieds pour venir dans les pays « développés » dans l’espoir de vivre leur modèle actuel, pas un modèle dégradé ou frugal. Nous-mêmes voudrions que tous puissent jouir de ce modèle. Tout ceci pour constater que le virage envisagé est immense et qu’il faudrait arriver à le faire de manière volontaire sous peine de réinventer des totalitarismes pires que le mal. Accessoirement on pourrait s’appuyer aussi sur l’industrie au lieu de la rendre omni-responsable et coupable : elle a su par exemple résoudre le trou d’ozone qui, toute proportion gardée paraissait très grave il y a 20 ans (ex cité par J. Mistral).
    Mais ma vraie question n’est pas là : elle concerne le deuxième facteur de la multiplication, à savoir le volume de population consommateur de planète. A date, il semblerait que la population mondiale continue à augmenter de 200.000 individus par jour. Or chaque individu supplémentaire est un consommateur-pollueur potentiel de planète. Son évolution récente constatée est la suivante :
    • En 1850 (révolution industrielle) 1260 millions
    • En 1900 1650 millions
    • En 1927 2000 millions
    • En 1960 3000 millions
    • En 1974 4000 millions
    • En 1987 5000 millions
    • En 2011 7000 millions
    La démographie est certes un phénomène difficile à piloter mais peut-être pas plus que l’économie. La Chine l’a tenté et cela a donné des résultats ( délicats certes mais le renoncement à l’enfant unique décidé récemment devrait avoir pour conséquence une croissance supplémentaire de près de 80 Millions d’habitants, soit en gros l’Allemagne ou la France demain !).
    J’aimerai comprendre pourquoi ce sujet semble tabou, sachant que cette courbe ressemble étrangement à celle du CO2 sauf à la décroissance espérée – mais non prouvée- vers 2150, laquelle devrait logiquement entraîner dans son sillage , une décroissance consécutive de la consommation de planète. Au demeurant, le bon sens semble indiquer qu’une population à peu près stable serait souhaitable voire nécessaire à un système équilibré ?

    PS : J’ajoute que je ne fais aucune confiance aux prévisions officielles des démographes qui promettent toujours « l’atterrissage démographique » pour demain..
    La dernière projection (2015) porte la prévision 2100 à 11,21 milliards de personnes ; on constate donc une dérive très nette dans ces prévisions :
    Évolution des prévisions de l’ONU
    (scénario moyen, en milliards d’habitants)
    Prévision ONU Population en 2050 Population en 2100
    Révision 1998 9,1 9,5
    Révision 2011 9,3 10,1
    Révision 2013 9,55 10,85
    Révision 2015 9,72 11,21
    Notes
    1 Il faudrait d’ailleurs définir les riches et les pauvres., qui semblent toujours être l’autre.
    2 Source Planetoscope. Consoglobe
    3 Source ONU et WIkipedia

Laisser un commentaire

*