Pour tisser un espace de langage commun, nous souhaitons réunir des intellectuels réputés pour leur parole publique, mais aussi des intelligences anonymes qui donnent à partager des expériences, des idées, des sensibilités.

La Réforme a été une pro-testation au nom d’un appel à une gratitude qui précède tout, d’un appel à la libre confiance du sujet ainsi responsable, d’un appel à la lecture et la réflexion personnelle. Elle n’a pas cherché à recruter des élites, mais à former tout le monde à cette capacité de lecture, à cette réceptivité, à une forme d’intelligence plus adulte, plus émancipée, consciente de ses limites et de n’être qu’avec et parmi d’autres. Ces principes sont encore féconds de nos jours. Il vaut la peine de s’inscrire dans cet héritage tout en sachant que, pour hériter, il faut parfois rompre. Toute fidélité est inventive.

Il est ainsi plusieurs façons d’être protestants. Ceux qui sont de la famille et qui y sont restés, ceux qui sont partis mais dont la façon de se situer aux marges est encore une manière d’être fidèles, les nouveaux venus qui veulent s’inscrire dans cet héritage, et enfin les sympathisants qui ont diverses formes d’attachement au protestantisme, sans que ce soit exclusif d’autres appartenances.

Pour tisser un espace de langage commun, nous souhaitons réunir des intellectuels réputés pour leur parole publique, mais aussi des intelligences anonymes qui donnent à partager des expériences, des idées, des sensibilités. Nous faisons appel à des universitaires, mais aussi à des femmes et des hommes des médias, des professionnels, des militants… qui sont prêts à s’engager dans des « débats structurants », à soutenir des dissensus acceptables et qui fassent avancer tout le monde, à différer ensemble.

Notre projet n’est pas dirigé contre qui que ce soit, ni contre les institutions de nos Églises, ni contre la mouvance évangélique, ni contre le catholicisme. Il s’agit d’être à côté, au nom de la fécondité de l’héritage d’un protestantisme francophone qui appartient à tous ceux qui veulent s’en saisir, dont le projet nous semble loin d’être achevé, et dont les promesses sont à réinterpréter sous forme de propositions qui soutiennent le débat public.

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