La mondialisation est en train "d'absorber" certaines identités, allant jusqu'à relativiser des vérités somme toute indiscutables. Le protestantisme se doit de reprendre sa place autour des débats d'idées pour faire encore la différence, comme dans le passé. En se mettant en marge, il prend de façon inconsciente le risque de la radicalisation et du sectarisme.

Au XVIème siècle, le leadership ecclésial européen se réveilla un matin avec « une gueule de bois ». Le schisme venait de secouer l’Église. Ainsi naquit le protestantisme. Plusieurs siècles après les protestants ont complètement changé de position religieuse au sein de la chrétienté. Le protestantisme n’est plus une secte. Elle l’a vraiment prouvé de plusieurs manières par sa contribution à la réflexion et au progrès sur le développement du monde.

Pourtant, ces dernières années, il y a une sorte de recul. Le protestantisme en s’éclatant en plusieurs familles n’a pas seulement sapé les bases de son passé mais contribué à la montée d’un certain intégrisme chrétien. On note une prolifération des dénominations qui dans certains endroits se confondent aux sectes. Ces dénominations campent sur certaines positions religieuses et spirituelles basées sur aucun fondement scripturaire. Plus loin, des dénominations qui refusent même sur le plan social de se côtoyer avec d’autres. L’absence de la contribution protestante et évangélique aux débats publics pour une raison ou une autre les positionnent en sectes. Des opportunités de parole sont quelques fois délaissées ou abandonnées au profit des autres couches religieuses. Combien de fois certaines invitations officielles sont refusées sous certains cieux pour la simple bonne raison que ça n’a rien n’avoir avec l’évangélisation ou que ça n’a rien de biblique.

Être prêts à apporter dans tous les domaines « l’empreinte protestante » pour une société juste et équitable

Les nouvelles technologies de l’information, à la progression très rapide, ne sont pas assez utilisées pour se positionner comme étant une couche religieuse capable de contribuer comme dans le passé aux progrès de l’humanité. Un progrès marqué par des valeurs bibliques. C’est la parole de Dieu qui est transformatrice de l’humain. On a besoin de la contribution de la famille protestante aux débats sur les différents secteurs de développement en Afrique, et d’autres régions du monde, où l’ensemble des systèmes politiques ont montré leurs limites.

Cette contribution passe par un débat d’idées clair et concis sur la pertinence de la parole de Dieu. Les grandes facultés de théologie protestantes et évangéliques ne doivent pas seulement former des théoriciens du discours de Dieu, mais des hommes de terrain pratiques et ouverts à toutes sortes de débats. Être prêts à apporter dans tous les domaines « l’empreinte protestante » pour une société juste et équitable. Être prêts à cohabiter pour échanger, fraterniser en vue d’apporter de la lumière là ou il y a les ténèbres. Ne pas se positionner toujours sur la défensive ou en victime. En ce XXIème siècle, le protestantisme se doit de repartir aux sources pour reprendre le flambeau des discussions bibliques publiques et éclairées apportant une contribution au développement de l’humanité. Notre monde a besoin de repères au moment où tout commence à devenir relatif.

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Une Réponse à “Le protestantisme à l’épreuve de l’intégrisme, par Daniel Diyombo”

  1. crepin Lounhoungou dit :

    Excellent message à partager

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